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[Si je pouvais faire jouer une chanson pour accompagner les mots qui sont là, ça serait Something in the way, de Tricky – eh, oh, j’ai évidemment le droit d’obséder sur lui cette semaine, le spectacle est vendredi!]
Tantôt, hier, je mangeais du popcorn (tsé, j’ai beau être plutôt athée, si y’a une chose que je devais considérer comme une création de dieu, ça serait bien le popcorn). Une bonne minute après que j’aie versé le contenu du sac dans un bol, un grain a explosé et a envoyé plein d’autres grains hors du bol, et cette image-là a mis plein de métaphores toutes plus nulles les unes que les autres dans ma tête. À propos de délais, de garder des choses en dedans, de cumuler. On s’entend qu’on parle de popcorn, là. Quel beau moment de dimanche soir, quel beau moment d’histoire.
Ouain pis? Ben, rien. Heille, en plus j’avais même pas mis ce titre-là pour faire un concept, ça vient d’arriver, tout seul, là. C’est la beauté de mon cerveau.
Moi, j’aime le non-dit. Moi, j'aime pas les conversations à la « ouain ben moi je fais ÇA dans la vie », les « bon, toi et moi, on est quoi au juste? » et autres mises au point terre-à-terre. Moi, j’aime les possibilités.
Ne pas dire oui, ça garde la possibilité du non.
Ne pas dire non, ça garde la possibilité de… tsé? Les papillons peuvent continuer de papillonner, pis les gens peuvent continuer de se faire écraser en traversant la rue en avant de chez eux.
Le non-dit, ça repousse l’établissement de limites. Repousse, oui, pas évite. Mais pousser et repousser, faire pousser, c’est quand même un jeu intéressant, non? Je trouve que oui, je passe mon temps à le faire, le test de mes propres limites, mais ça c’est une autre histoire.
Évidemment, le gros désavantage du non-dit c’est qu’il rend, s’il y a lieu, l’impact du pétage de gueule proportionnel au temps et à la quantité d’illusions présentes. C’est possible de remplacer ici « pétage de gueule » par « agréable surprise », occasionnellement, sauf que moi, j’crois pas ben ben à ça, les grandes occasions.
J’pense que finalement, j’aime le non-dit quand je suis pas sûre de ce que je veux me faire dire, ou dire.
Reste que j’aime mieux me péter la gueule que passer mon temps à trop me définir.
Parlant de poum-tsi, j'ai toujours trouvé ça extrêmement absurde que le thème sonore de Maisonneuve en direct soit le fameux beat de la chanson Insomnia, de Faithless. C'est une ligne ouverte, le midi, sur une chaîne 'sérieuse' (Radio-Can), et on nous part le gros dance 1996.
Parlant de Faithless, j'aime ça. Si je passe outre les beats trop pop, j'aime ça les ambiances weirds, les voix suaves d'hommes qui semi-parlent/semi-chantent, coudonc. Je trouve que ça vieillit vraiment bien, contrairement à.. TA MÈRE!, tiens.
Parlant de suave... Tricky à Montréal. TRICKY À MONTRÉAL.
TRICKY. À. MONTRÉAL.
Le 3 avril, au La Tulipe, je vais échanger 25 unités de un dollar contre de l'or shooté direct dans mes oreilles. 25 piastres contre la chance de voir un musicien qui est pour moi une icône, une légende vivante, ça me paraît un troc raisonnable? Tséé! J'avais mis une croix sur l'idée de le voir en spectacle, parce que je sais pas, pour moi, ça faisait partie de la catégorie 't'es née 10 ans trop tard, tough luck'. Comme Bran Van 3000, que finalement je suis pas allée voir malgré les occasions durant les derniers mois... En me psychanalysant (sic) rétroactivement, j'ai compris que c'est parce que j'ai trop peur d'être déçue, la petite floune de 13 ans toujours en moi, qui rappe sur Afrodiziak toute seule dans son sous-sol, veut pas se faire péter sa balloune.
Parlant de balloune, mais Tricky, c'est un intérêt plus... mature, que je lui porte, je suis consciente qu'il est pas infaillible et que le show va peut-être être poche (sauf que... pfff). N'empêche que ça fait longtemps que j'ai pas été aussi enthousiaste à l'idée d'un spectacle, madame et monsieur.
Parlant de rose, y'a un p'tit carnet rose dans ma vie, avec écrit sur le dessus :
Une bonne action n'est jamais perdue.
Il a une reliure de petits anneaux en métal et un élastique gris qui le tient fermé. Le carnet, il a un parcours de vie pas mal space. Il se promène entre les mains de deux personnes qui s'aiment beaucoup, par-dessus l'Atlantique. Hein, hein?! Être un carnet, je voudrais être celui-là.
Parlant de mains, je suis pas mal terre à terre aujourd'hui, je trouve.
J'ai bien essayé, mais ça marche pas. Verbaliser de façon cohérente ce qui se passe dans ma tête ces temps-ci, c'est pas concluant. Soit que ça bloque complètement, soit que ça sort par petits mottons tout à fait incohérents avec des mots qui manquent, soit que ça sort plate et monotone, aucunement représentatif. L'alcool a tendance à délier les cordons de ma bourse de mots intérieure, mais elle redevient avare en même temps que l'alcool s'évapore, ce qui est quand même probablement une bonne chose, hein.
Je pense que le chaos de certaines chansons de Mr Oizo est ce qu'il y a de plus proche du contenu de ma tête. C'est joliment explosif, c'est pas un chaos négatif hein. Remarquez, essayez pas trop de faire des rapprochements avec les noms de chansons, parce que Pourriture, Bruce Willis is Dead, Cut Dick, Gay Dentists et Steroids, c'est quand même pas là, eh, oh.
J'arrête pas de dire que je dois faire mon ménage de printemps, je vais changer de verbe et de temps, peut-être que faire mes armoires va aérer ma tête en même temps.
On repassera pour la profondeur, en attendant, ALLEZ ÉCOUTER LES DENTISTES GAYS!
Bon, c'est assez, le vieux stock.
En même temps, comment arriver à ne pas me sentir comme on se sent quand on a 20 ans, et quoi encore, après avoir remué tous ces vieux assemblages de lettres, dignes d'une post-adolescente, mais bien dignes quand même, le menton haut et tout. Parce que j'aurais pu avoir...
J'ai même pas pu me retenir de réutiliser 'dans ta face, mélodrame', parce que ce bout-là, comme quelques rares, j'en suis satisfaite, je peux pour une fois substituer le soupir à l'envie.
Merci, neurotransmetteurs.
Une chanson en arrière-plan (une dans le genre qui fait se sentir comme dans une annonce de char écolo, dixit quelqu'un d'intéressant, ou de yogourt plein de bactéries, des bonnes, dixit moi), ça titille vraiment l'envie de oui, ok, utiliser un morceau d'internet pour étaler mes aberrations et me trouver poético-rebelle, ça rend satisfaisante l'idée tellement futilement moderne d'un blogue, même si ça serait tellement plus joli écrit sur du papier mobile un peu jauni avec les bords retroussés...
Pis le trou du milieu de la feuille, faudrait qu'il soit déchiré. Quelqu'un de rigoureux y apposerait un oeillet, ou 'renfort', pour réparer le trou. Réparer un trou. En mettant un autre sur les bords... Vraiment?
(2 novembre 2005, 1h31AM)[Cours de psychologie comportementale (béhaviorisme).]
[Discussion sur la liberté.]
[Selon la conception de Skinner.]
Un autre esti d'fucké lui, Skinner.
Vraiment fort, il a mis le doigt sur des aspects fondamentaux et indéniablement vrais du comportement, mais j'ai juste l'impression qu'il a théorisé et mis en beaux grands concepts son mépris profond de l'humain. On est juste un gros vide, un gros néant, une machine à conditionnements.
Il mettait son enfant dans une boîte, calvaire.
Enfin. La discussion m'a laissée sur ma faim. Êtes-vous libres?
Ces temps-ci en tout cas, moi j'suis pas libre.
J'suis esclave de tellement de trucs que je pourrais énumérer pour le plaisir d'énumérer, mais fuck it. De toute façon, faudrait encore refaire la définition de la liberté, pis le monde en même temps.
Une autre fois. J'tannée.
J'aime ça, mais j'tannée.
En même temps, si on tasse Skinner, Freud et tous les autres, et qu'on prend Eysenck et les autres biomaniaques, c'est juste une affaire de neurotransmetteurs et de neurones qui déchargent. Ça relativise en esti. Dans ta face, mélodrame.
J'ai embarqué un pouceux, l'autre jour. Il était incroyablement pas intéressant.
C'est poche, parce qu'un pouceux, par ma définition, c'est intéressant.
Bon, avec tous ces coqs et tous ces ânes qui me distrayayent, j'ai perdu le fil.
(18 septembre 2005, 10h01PM)
Des mots, jolis..
Comme vouloir écrire une lettre à quelqu'un qui a été important, un moment donné. Quelqu'un qu'on connaît à travers l'écran. Ça fait des bons souvenirs, un sourire franc et franchement irrépressible, un p'tit velours au coeur de repenser à ces choses qui font rougir, honnêtes ou pas, qui ont été dites.. puis, ça fait un peu mal, parce que ça fait longtemps et qu'on se dit que ça a sûrement pas été aussi important pour lui, pour lui, pour elle, pour lui et pour les autres, tsé.
J'sais pas ce qu'ils deviennent, et ça me fait de la peine. C'est comme si ça enlevait de l'importance, de la beauté à ces choses qui voulaient tout dire, et j'sais pas comment la remettre.
C'est vraiment que ça, des passages.. Des moments où on n'attend qu'UNE personne, où on passe notre journée à espérer avoir un signe de vie, une lettre, un mot.. où on croit que c'pour toujours, comme quand j'avais 8 ans et que c'était la mode des best-friends forever, les colliers qui se séparaient en deux.
Ces colliers-là, j'en ai un tas, une bonne douzaine, qui traîne au sous-sol, dans les boîtes de trucs que j'suis pas capable de laisser aller, ridiculement mélancolique. Faudrait couper la corde, un moment donné.
(25 juillet 2005, 12h46AM)Y'a comme un air de tango qui flotte dans l'air, vaguement. Tranquillement, comme quelqu'un qui murmure, mais de façon insistante, solide. Des sons solides, vraiment?
Enfin, j'sais pas si c'est du tango, mais c'est un air latino, sensuel, avec de jolis riffs de guitares et une belle voir grave de femme qui fertilise l'imagination, l'ouvre à de belles formes rondes et sans angles.
Et là...
Et là, une silhouette. Sans la musique, ç'aurait été quelqu'un.
Puis, une deuxième. Sans la musique, ç'aurait été platement ordinaire, mais la musique, la musique.
La deuxième silhouette pourrait être moi, est moi, mais c'est tellement plus poético-quelque chose, le point de vue du narrateur.
Les silhouettes tournent, face à face. La première tente un rapprochement, la seconde esquive habilement en transformant son geste de retrait en une pirouette gracieuse, et voilà?
Et voilà, l'événement déclencheur qu'ils attendaient tous les deux et qui coïncide d'ailleurs, par un pas si aléatoire hasard, avec un changement de rythme, et par le fait même d'atmosphère dans la musique. Parce que sans la musique...
Une aine contre une cuisse, une poitrine effleurant un torse, avant d'être écrasée sans pitié, quoique.. nonnon, pas d'pitié. Pour harmoniser l'autre contact, plus haut.
C'est la classique mais non moins agréable à regarder et s'imaginer fusion des corps. C'est irréfléchi, mais complètement irréfléchissable. (Donc pardonnable?)
Une note de guitare particulièrement dramatique vient déposer, ou plutôt lancer sans délicatesse une touche de doute, qui lui entraîne l'amas conique et entassé de culpabilité, qui avait jusque-là préféré se prélasser en n'observant que la beauté de la scène, pas d'morale. Il sirotait même un quelconque drink de vacances, avec le p'tit parasol rose, mais juste pour jouer le jeu hein, parce que rien ne vaut un bon vieux scotch on the rocks.
Le moment est ruiné, pas moyen de revenir à l'état d'avant, la note précédente... Les sens sont éteints et les corps refroidis.
Les silhouettes s'éloignent l'une de l'autre, exploitant le dernier sens qui leur est resté, mais ignorant la musique, parce que sans la musique...
...'Reste que la culpabilité, qui a fini son drink et reste assise au bar, le p'tit parasol rose entre les dents.