samedi 7 mars 2009

Qu'est-ce que...?

(25 juillet 2005, 12h46AM)

Y'a comme un air de tango qui flotte dans l'air, vaguement. Tranquillement, comme quelqu'un qui murmure, mais de façon insistante, solide. Des sons solides, vraiment?
Enfin, j'sais pas si c'est du tango, mais c'est un air latino, sensuel, avec de jolis riffs de guitares et une belle voir grave de femme qui fertilise l'imagination, l'ouvre à de belles formes rondes et sans angles.
Et là...

Et là, une silhouette. Sans la musique, ç'aurait été quelqu'un.
Puis, une deuxième. Sans la musique, ç'aurait été platement ordinaire, mais la musique, la musique.

La deuxième silhouette pourrait être moi, est moi, mais c'est tellement plus poético-quelque chose, le point de vue du narrateur.

Les silhouettes tournent, face à face. La première tente un rapprochement, la seconde esquive habilement en transformant son geste de retrait en une pirouette gracieuse, et voilà?

Et voilà, l'événement déclencheur qu'ils attendaient tous les deux et qui coïncide d'ailleurs, par un pas si aléatoire hasard, avec un changement de rythme, et par le fait même d'atmosphère dans la musique. Parce que sans la musique...

Une aine contre une cuisse, une poitrine effleurant un torse, avant d'être écrasée sans pitié, quoique.. nonnon, pas d'pitié. Pour harmoniser l'autre contact, plus haut.

C'est la classique mais non moins agréable à regarder et s'imaginer fusion des corps. C'est irréfléchi, mais complètement irréfléchissable. (Donc pardonnable?)

Une note de guitare particulièrement dramatique vient déposer, ou plutôt lancer sans délicatesse une touche de doute, qui lui entraîne l'amas conique et entassé de culpabilité, qui avait jusque-là préféré se prélasser en n'observant que la beauté de la scène, pas d'morale. Il sirotait même un quelconque drink de vacances, avec le p'tit parasol rose, mais juste pour jouer le jeu hein, parce que rien ne vaut un bon vieux scotch on the rocks.

Le moment est ruiné, pas moyen de revenir à l'état d'avant, la note précédente... Les sens sont éteints et les corps refroidis.

Les silhouettes s'éloignent l'une de l'autre, exploitant le dernier sens qui leur est resté, mais ignorant la musique, parce que sans la musique...

...'Reste que la culpabilité, qui a fini son drink et reste assise au bar, le p'tit parasol rose entre les dents.

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